NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
DES DIFFÉRENTES ÉDITIONS
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE
D’OLIVIER DE SERRES,
Lue à la Classe d’Histoire et de Littérature ancienne de l’Institut de France,
le 2.3 Mai 1806,
Par J. B. HUZARD.
A PARIS,
°E L’IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD,
RUE DE L’ÉPERON-SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS, N°. 7.
Extrait du tome II de la nouvelle édition du Théâtre d’Agriculture,
publiée par la Société d’Agriculture du département de la Seine.
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
DES DIFFÉRENTES ÉDITIONS
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE
D’OLIVIER DE SERRES.
Immédiatement après que le Ministre de l’intérieur ( Benezech ) eut adressé
aux membres de son Conseil d’Agriculture, la lettre par laquelle il les invitoit à s’oc¬
cuper d’une nouvelle édition du Théâtre cL* Agriculture d'Olivier de Serres (1), il
écrivit une circulaire à tous les conservateurs des bibliothèques et dépôts littéraires
de Paris et des Départemens, pour les engager à lui adresser la notice des diffé¬
rentes éditions de cet ouvrage, qui pourroient se trouver dans leurs collections.
M. François (de Neuf château ), qui remplaça Benezech au ministère, et qui
a mis à l’exécution de cette nouvelle édition de l’ouvrage d’ Olivier de Serres,
tout le zèle qu’on avoit droit d’attendre d’un véritable ami de l’Agriculture, renou¬
vela cette circulaire en l’an VIII , en envoyant le prospectus rédigé par M. Cels ,
et le précis bibliographique que j’avois mis à la suite. Je dois à la vérité de dire que
ces circulaires ne produisirent aucuns renseignemens des nombreux dépôts qui
existoient alors dans les différens Départemens ; mais aussi je dois des remercîmens
à MM. Capperonnier et van Praet, de la Bibliothèque impériale ; Ventehat, de
celle du Panthéon ; Mordant de Launay , de celle du Muséum d’histoire natu¬
relle , et van Tholl, du Dépôt littéraire des Jésuites, pour ceux qu’ils ont bien voulu
me communiquer j c’est avec plaisir que j’acquitte aujourd’hui cette dette de la
reconnoissance.
Quelques autres personnes entre les mains desquelles le prospectus étoit par¬
venu, m’ont aussi adressé plusieurs observations qui trouveront leur place dans cette
notice. Je n’oublierai pas ici mon savant et malheureux ami Lhéritier 3 et sur-tout
(1) Voyez cette lettre, tome I de cette nouvelle édition, page Ixiij, N°. III.
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.
4
M. le chevalier 4 Banks , dont la bibliothèque est si généreusement ouverte à tous
ceux qui veulent y puiser des connoissances, et dans laquelle j’ai eu occasion
d’examiner, pendant mon séjour à Londres, la traduction angloise des échan¬
tillons du Théâtre d*Agriculture.
Je suis loin de croire que, dans cette notice, j^n’aie rien laissé à désirer \ il auroit
fallu, sans doute, pour la completter, faire des recherches plus multipliées que
celles auxquelles mes occupations m’ont permis de me livrer ; je ne la présente
donc que comme une suite de matériaux qui pourront trouver un meilleur architecte,
et être employés plus utilement par d’autres. Plusieurs savans avoient annoncé
le projet de publier une nouvelle édition du Théâtre d Agriculture } quelques-uns
assuroient même avoir réuni toutes les éditions de cet ouvrage ; mais n’ayant rien
fait paroître à ce sujet, je n’ai pu profiter de leurs recherches, qui, sans doute, ne
seront pas perdues pour la bibliographie.
A l’exemple de Haller } et pour éviter les répétitions , j’ai cru devoir marquer
d’un astérique'* les éditions que j’ai citées, et qui sont dans ma bibliothèque.
J’ai commencé par les deux opuscules relatifs aux mûriers et aux vers-à-soie,
qu 'Olivier de Serres a cru devoir détacher de son grand ouvrage, et qu’il en
appelle modestement lui-même des échantillons.
I.
i°. La Cyeillete de la Soye }
par la nourriture des Vers qui la font.
Echantillon du Theatre d } Agricul¬
ture d’olivier de serres , seignevr
dv Pradel. A Parischez Iamet
Mettayer , Imprimeur ordinaire du
Roy. m. D. xcijc. Auec Priuilege de
sa Majesté. *
Petit in-8°. de 6 feuillets non chiffrés pour
le titre et l’épitre dédicatoire , un feuillet blanc,
117 pages de texte , une page non chiffrée pour
l’extrait du privilège du roi , et un feuillet éga¬
lement non chiffré , au recto duquel on lit :
Acheué d’imprimer par Iamet Mettayer ,
Imprimeur et Libraire ordinaire du Roy, le
dix-huictiesme iourde Feurier. M. D. X.CIX.
Au verso de ce feuillet" il y a un grand vase de
fleurs qui forme une pyramide renversée.
Les six feuillets non chiffrés , le feuillet
tjlanc , et le premier feuillet du texte, forment
la feuille ou la signature A ; la signature B
commence à la page 3 .
La vignette du titre , gravée en bois , est un
écusson entouré d’un cartouche , au milieu du¬
quel il y a une fleur de lis , surmontée de la cou¬
ronne royale, on lit autour : omni prœstantior
arte. Il y a des figures aux quatre coins du
cartouche, et au bas un autre très-petit écusson
contient le chiffre de Iamet Mettayer.
Le privilège du roi , dont on n’a imprimé
que l’extrait, est celui obtenu pour le Théâtre
d’Agriculture ; « donné à Paris, le huictiesme
jour de Ianuier: l’an de grâce, mil cinq cens
quatre vingt dix-neuf : et de son régné , le
dixiesme. » Il est pour dix ans et au nom du
sieur du Pradel seulement ; on n’y lit P 01ût
celui d’ Olivier de Serres.
Cet opuscule , qui avoit été demandé par le
roi à l’auteur (1), forme le chapitre XV du cin¬
quième Lieu du Théâtre d’Agriculture ; en le
(1) Voyez tome II, de la nouvelle édition ,pag e 110 >
colonne I.
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
5
reportant dans son ouvrage, Olivier de Serres
y fit quelques changemens et quelques suppres¬
sions que j’ai eu soin de rétablir dans notre
édition, lorsqu’elles m’ont paru en valoir la
peine 5 dans les éditions postérieures , il a fait
quelques additions qu’on trouvera dans celle-ci.
Les principaux changemens se rapportent aux
pages 2, i 5 , 4° et 96.
L’épitre dédicatoire m’a paru devoir être
conservée, autant pour l’exactitude historique,
que par les observations qu’elle contient ; la
voici copiée textuellement.
« A Nobles et vertvevx Messieurs les Pre-
uost des Marchans , Escheuins, Conseillers , et
autres Officiers de l’Hostel de ville de Paris,
capitale de ce fleurissant Roiaume.
>3 Messievrs , aiant ces jours passez mis sous
la presse, une generale Agriculture, en laquelle
est représenté l’Art d’emploier et cultiuer la
Terre selon ses diuerses qualitez et climats : j’ay
estimé estre à propos d’en extraire ceste partie
demesnage, qui traitte de la nourriture desVers-
à-soye, et de la vous présenter : A ce que vos
peuples incitez par telle adresse à s’adonner à tant
noble et profitable exercice , puissent joindre
à vostre ville le dernier de ses ornemens, qui
est l’abondance de soye. Telle seule commodité
lui defaillant, laquelle neantmoins luy est d’au¬
tant plus requise , que plus de soye s’y des¬
pend , qu’en aucune autre ville de France,
bien-que achetée à grand prix et estimee comme
drogue de Leuant et marchandise estrangere.
Ce sont voirement des nouuelletez, non toutes-
fois prejudiciables , mais descouurans le preiu-
dice ; lequel s’augmentera d’autant plus , que
l’on retardera à mettre la main à l’ceuure. Il
n’est question pour se résoudre sur ceste ma¬
tière, d’en venir à la preuue , puis que vos peres
l’ont faite pour vous, en vous plantans des vignes:
lesquelles vous asseurent , que vostre terre
et vostre aer , sont propres à receuoir les Meu-
riers-blancs, et nourrir les Vers-à-soye : estans
ces choses tant amies par-ensemble , que là où
l’vne est, l’autre y peut estre. Iusques ici l’on
a jugé vostre pays, comme par contumace , in¬
suffisant à produire la soye, sans vouloir en¬
tendre les causes de ce defaut. Tant scrupuleux
n’ont esté les anciens habitans du païs de Seres
en Indie (qui ont donné leur nom à la soye )
lesquels bien-qu’esloignez de quarante six à
cinquante degrez del’Jsle deTaprobane, estans
souz l’Equinoctial, de là ont neantmoins porté
chez eux , la semence des Vers-à-soye , qui en
aprez s’y est naturalisée, et aussi celle des Meu-
riers , pour la nourriture de ce bestail. Ceux de
Naples ont fait de mesmes de la Grece, où de
Serinda ville d’Indie, telles commoditez estoient
paruenues. Et en suite, comme par degrez,
ont communiqué ces thresors , à la Prouence ,
Dauphiné , Languedoc , et à leur voisinage,
n’aians peu les Alpes empêcher de s’estre enra¬
cinez en tels quartiers, quoy qu’ainsi esloignez
de leur première origine, passanstous les jours
plus auant et gaignans terre auec heureux suc-
cez. Et qui doutera que n’ayans à s’auancer en-
cores que trois degrez pour atteindre jusques à
vous , n’y treuuent agréable repaire? TouOCe
qu’on peut dire au contraire , est, que la
cuillete de la soye en sera tardiue ; à cause de
la disposition de vostre Ciel, qui est vn peu
plus froid que celuy du Languedoc.. Quoy pour
cela , pourueu qu’ayez de bonne soye et beau¬
coup? Vous ne laissez pas d’auoir abondance
de bleds et de vins, encores que vos moissons
et vendanges ne soient tant avancées qu’en Lan¬
guedoc. Voilà tout l’interest. Caton , oracle
de son temps , disoit estre vergongne au mesna-
ger , d’acheter ce que sa terre pouuoit produire.
A qui telle reprimende mieux appropriée, qu’à
ceux qui vont mendier la soye des voisins, des¬
quels mesmes ils sont taxez de négligence? C’est
à dire , aux habitans de presque toutes les pro-
uinces de la France. Car, peu de lieux exceptez }
par tout ce grand Roiaume la soye peut croistre:
par ce qu’estant iceluy posé sous l’vne des Zones
temperees , est par conséquent tout temperé ;
et n’y a autre cause qui empêche l’accroist de la
vigne en diuers endroits , que la hauteur des
montaignes , dont la froidure extreme contra¬
rie à telle plante. Ainsi n’est pas entièrement
de la Normandie, Bretaigne, Picardie, qui sont
aussi bien sans hautes montaignes que sans vin ,
où il y a apparence la soye s’y pouuoir cueil¬
lir , attendu l’abondance de bons fruicts qui y
croissent, dont les arbres , qui les produisent,
ne sont moins délicats que les Meuriers don-
6
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE.
nanslasoye par leur fueillage. Laquelle chose
auec peu de temps et de peine l’homme d’en¬
tendement pourra essaier. Quant a la Brie ,
Champaigne , Bourgogne, Niuernois , Beau-
jeolois, Masconois j Lyonois , Limosin, Ber¬
ry , Poitou , Xaintonge , Guienne , Gascogne,
mesmes Orléans , Chartres , Tholoze , Bour-
deaux, la Rochelle , quelles excuses peuuent
avoir ces provinces-là de ne s’emploier à tant
fructueuse culture? aiment-elles mieux donner
leur argent aux Estrangers qüe d’en receuoir
d’eux? Les Piedmontois se sont domestiquez
le Ris , à leur commodité et de plusieurs de
leurs voisins, ayans tiré des Indes la semence de
tel blé. Les poules - d’Inde ont prins terre en
ce Roiaume despuispeu de temps, et lors qu’on
estimoit la chose impossible , pour la délica¬
tesse de la racé. Ceste exquise herbe de Nico-
tiane s’accroist facilement par tous les coins de
la France , bien qu’elle soit venue de Portugal,
et là de P Amérique. Plusieurs autres animaux
et plantes estrangeres consentent de viure par-
my nous , avec soin requis. Ces exemples affer¬
miront vos Meuriers , pour en tirer vtile conten¬
tement , mesme de ceux plantez és terres les
moinà fertiles, pour leur legereté laissées en
frische, rapportans la riche toison de soye ,
par le moien des Vers qui sainement s’en nour¬
riront. Et seront aussi vos belles maisons des
champs decorees auec beaucoup de representa-
tion, y paroissans les plaisans boccages de Meu¬
riers ; lesquels outre leurs principaux reuenus,
rapporteront du bois de chaufage, dont le ser-
uice en sera d’autant plus prisé, que plus on louë
ce qui vient à moindre despence. Les expériences
que i’ay fait en ce mesnage chez moy, despuis
trente-cinq ans, et la soye que je cueil par cha¬
cun an, me donnent matière de vous dire libre¬
ment mon avis sur ce sujet. Que s’il vous plaist
vous en servir , treuuerez en mes discours de-
quoi vous satisfaire : pour l’assemblage de la
matière, plus grand et auec plus d’obseruations
que jusques ici ait esté escrit, tant ay-ie esté
curieux de faire participant de mes labeurs les
vertueuses personnes. l’estimerai ce temps bien
emploié : et le voyage que ie suis venu faire à
la Cour , heureux , de m’auoir causé ce conten¬
tement, de vous pouuoir estre vtile} à ce que
de mon Languedoc, sortant chose remarquable
les habitans de ceste magnifique ville puissent
dans peu de temps voir leurs campaignes cou
uertes de Meuriers, et leurs rues pauees de soye*
ainsi que non sans merueille ces choses se re¬
marquent à Florence,Naples, Vérone,Vincence
Milan, Padouë , Genes, et autres villes de
l’Italie. La loüange de telles richesses sera deuë
à vos sages conseils et prouidences , ornans à
vostre tour , comme vos Aneestres ont fait en
leurs temps , la ville de l’Europe la plus ca¬
pable de belles choses. Pour comble desquelles
félicitez, Dieu vous a fait naistre sous la grande
lumière de ce fleurissant et heureux régné, et
vous conseruera en Paix et Iustice : de quoi le
supplie très-humblement Messievrs,
Vostre tres-humble et tres-affectiônné
seruiteur Olivier de Serres.
De Paris le premier jour de Feburier.
M. D. XCIX. »
On peut voir par la lecture de cette pièce, et
par celle des citations qui précèdent, combien
l’orthographe varioit à l’époque où écrivoit Oli¬
vier de Serres, sans parler des nombreuses
abréviations que je n’ai pas cru devoir conser¬
ver , parce qu’elles rendent la lecture trop dif¬
ficile ; cette variation étoit telle , que l’ortho¬
graphe n’étoit déjà plus la même dans la pre¬
mière édition du Théâtre d’Agriculture qu’on
imprimoit en même temps, et qu’elle changeoit
non seulement dans chaque édition, mais en¬
core dans chaque page , et même plusieurs fois
dans la même page.
Le petit nombre de bibliographes qui ont cite
cet ouvrage en ont mal copié le titre, ils ont écrit
la Gueillete de la Soye pour la nourriture des
Vers qui la font, au lieu de par la nourriture .
Ils ont confondu l’action de cueillir la feuille du
mûrier, pour nourrir les vers, avec la récolte de
la soie , qui est le résultat de cette nourriture }
ils n’ont pas réfléchi que les mots cueillete el
cueillir, dans Olivier de Serres, veulent dire
également récolte et récolter', tels sont Boissier
de Sauvages, Hérissant, Haller, Amoreux,
Buc’koz, Boehmer, etc. Au surplus, cette faute
se trouve aussi dans plusieurs catalogues, d’où
elle aura sans doute été copiée} car l’on sait
que les bibliographes sont souvent réduits
DU THEATRE D’ AGRICULTURE.
7
ne consulter que des catalogues. Sauvages et
Hérissant ont ajouté une seconde faute à la pre¬
mière , ils ont mal mis le nom de l’auteur ; le
premier, dans un endroit, l’appelle Serrés (1)]
l’autre l’appelle tantôt Desemes , tantôt De¬
serres , d’un seul mot (2) ; Haller l’appelle des
Serres ( 3 ).
M. Faujas , dans sa lettre insérée tome I,
de la nouvelle édition (page lxxix, N°. VIII) ,
indique la Cueillete de la Soye de format
in-douze 5 c’est une méprise que j’ai indiquée
dans une note.
Cet Opuscule , assez rare aujourd’hui, est
imprimé avec soin.
z°. Seydewwurm : von Art, Natur,
Eigenschafft undgrosser Nuzbarkeit
desz Edlen Seydewwurms , auch
Vflantzung und Erhaltung desz zu
seiner Nahrung hoch erforderten
Maulbeerbaums. W'ie, unnd was mas-
sen solches herrliche Werck,inTeuts-
chen ( sonderlich denen Landen, da
es Weiîvwachs hat ) zugleich anderen
Orten , angerichtet, und mit Lob ,
Nutzen und Ruhm fortgetrieben wer-
den mœge. Ebersetzt jac . rathgeb .
Tubingen , Erhard Cellius. i 6 o 3 .
in- 4 °.
Frédéric, qui fut duc de Wurtemberg depuis
15^3 jusqu’à sa mort, arrivée en i 6 o 3 , par¬
courut incognito presque toute l’Italie dans les
deux derniers mois de i5ç 9 , et dans les quatre
premiers de 1600 , avec son architecte Henri
Schickardt, dans la vue d’introduire dans ses
états le commerce de la soie, en y faisant élever
des vers-à-soie et planter des mûriers 5 a cet
effet il fit publier un rescrit général dans tout
son duché. C’est en faveur de cet établissement
de Frédéric , que Jacques Rathgeb , autrefois
(1) Catalogue des tuteurs qui ont écrit sur les vers
à soie et sur les mûriers, page 3.
(2) Bibliothèque physique de la France, pages 409 ,
4i6.
(3) Bibliotheca botanica , tom. I, pag. 3ÿ5.
secrétaire de la chambre de Wurtemberg , fit
paroître la traduction allemande que je viens de
citer, du traité des vers-à-soie, par Olivier de
Serres, imprimée à Tubinge, en i 6 o 3 .
Le titre allemand de cette traduction est bien
plus étendu que celui de l’original, qui est beau¬
coup trop modeste: Ver à soie ; de l’espèce,
nature , qualité et grande utilité de ce noble
ver, ainsi que de la plantation et conservation
du mûrier, indispensablement nécessaire à son
entretien . De la manière dont ce noble ouvrage
peut être exécuté en Allemagne ( sur-tout dans
les pays à vignobles ) et dans d’autres pays ,
avec réputation, utilité et gloire, etc.
Je n’ai point vu cette version allemande ,
qu’on annonce être très-fidèle; j’ai extrait ce
que j’en dis de l’ouvrage de Godefroi Daniel
Hoffmann , professeur de droit public à Iena ( 1 ),
déjà cité à ce sujet par mon collègue M. Gré¬
goire, tome I, page cxlvij du Théâtre d’Agri¬
culture $ elle doit être assez rare, même en Alle¬
magne, puisque Haller, qui la cite, ne l’avoit
pas dans sa nombreuse bibliothèque , et vrai¬
semblablement ne l’avoit pas même vue.
Il paroît que les bibliographes ont fait pour
le nom du traducteur ce qu’ils avoient fait pour
celui de l’auteur : on vient de voir que Hoffmann
l’appelle Rathgeb, et comme c’est lui qui donne
le plus en détail le titre de la traduction et son
histoire, il paroît mériter le plus de confiance ;
Haller le nomme Rathgerber, et je lui ai donné
le même nom, d’après Haller, dans la petite
notice que j’ai publiée en l’an VIII ; enfin Boeh-
mer l’appelle Rathberger.
J’ajouterai en passant , que rathgeber est
un mot allemand , qui veut dire conseiller ; et
qu’un chevalier Rathberg étoit l’ami de Phi¬
lippe Miller, auteur du Dictionnaire des Jar¬
diniers , et s’occupoit aussi d’agriculture et de
la culture des arbres.
Haller (2), et Boehmer qui l’a très-vraisem¬
blablement copié, ont placé cette traduction à la
suite du second Opuscule d ’Olivier de Serres,
de manière à faire croire qu’ils la regardoient,
(1) Observations circà Bombyces, Sericum et Mo¬
tos , etc.
(2) Bibliotheca botanica , tom. I,pag. 396.
8
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
l’un et l’autre, comme étant celle de cet Opus¬
cule ; Boehmer même l’a mise après la traduc¬
tion angloise, dont je parlerai plus loin (1).
Mais le second Opuscule et la traduction sont
de la même année, et il n’en étoit pas alors
comme de nos jours , où les traductions s’im¬
priment en même temps que les éditions ori¬
ginales ; d’ailleurs, le titre même de la traduc¬
tion allemande ne peut laisser de doute à cet
égard , il ne contient rien qui soit relatif au
deuxième échantillon.
I I.
i°. La Seconde richesse dv Mev-
rier - rlanç. Qui se treuue en son
Escorce 3 pour en faire des Toiles de
toutes sortes 3 non-moins vtiles que la
Soie3prouenant de la Fueilled > iceluy.
EscliantiUon de la seconde Edition du
Theatre d’Agriculture , d’olivier de
serres Seigneur du Pradel. A mes-
sire pom p one de REziE Nre Chan¬
celier de France. A Paris, chez
Abraham S a r grain, rue S.Lacques,
aux deux Viper es. m. d c jj/. Aueç
Priuilege du Roy. *
‘ Petit in-8°. de 27 pages pour le titre , l’épitre
dédicatoire et le texte, et une page non chiffrée
au verso de la page 27 , pour l’extrait (qui est
écrit extriact) du privilège du roi , le même que
celui de la Cueillete de la Soye. La vignette
du titre est un pot de fleurs.
Ce petit ouvrage forme le chapitre XVI du
cinquième Lieu du Théâtre d’Agriculture , de
l’édition de i 6 o 3 , ainsi que l’indique le titre;
il manque à l’édition in-folio de 1600 , et je
dois remarquer que l’indication de ce chapitre
est omise dans le sommaire de ce Lieu, de
l’édition de i 6 o 3 , et de toutes les suivantes,
quoique le chapitre s’y trouve (2).
(r) Bibliotheca scriptorum historiée naturalis œcono-
miee, pars II, vol. II, pag. z 5 z.
(2) Voyez la note (1) du cinquième Lieu, tome II,
page i 5 a.
Ce que j’ai dit tout à l’heure de la variation de
l’orthographe d ''Olivier de Serres, peut encore
être vérifié ici, soit dans fe titre, soit dans l’épi¬
tre , soit dans le texte, soit même dans l’extrait
du privilège ; le mot sole est avec un i dans la Se¬
conde richesse du Meurier blanc ; il est avec un
y dans la Cueillete de la Soye ; on lit dans celle-
là échantillon, dans l’autre eschantillon, etc.
Du reste il n’y a point de changement entre
l’Opuscule publié séparément, et le chapitre
de l’ouvrage ; la seule différence qui les carac¬
térise , c’est que le titre est bien plus long et
plus détaillé dans le premier que dans l’autre,
qu’il n’y a point d’indications marginales comme
dans la Cueillete de la Soye et dans le Théâtre
d’Agriculture, et que l’auteur y a ajouté ,
comme au premier , une épitre dédicatoire que
je transcris ici.
« A Monseignevr, Monseignevr de Believre^
Chancelier de France.
» Monseignevr , Entre toutes les inuen-
tions treuuees pour le soustien de la vie hu¬
maine, aucune ne se void donner tant de peine,
que l’ouurage du pain : car le - labourer des
terres , le-moudre des blés, les-boulenger,ne
laissent iamais en repos le-pere-de-famiUe j dont
il y a apparence ? que si, peu à peu, onn’eust
amené les peuples à ce trauail-là > ils se fussent
contentés des fruiets desquels se nourrissoient
les hommes des premiers siècles , pour s’affran¬
chir de tant de labeurs. Ioint que p’est tous-
iours leur naturel, de rejetjer toutes pouuejles
ipueptions, quoi-que profitables. Ceste diffi¬
culté , Monseigneur, pi’ a fai* différer quelque
temps, d’escrire la maniéré de faire croistre la
Soie , par l’introduction des Meurjers, en la
pluspart des prouinces du coeur de ce Roiaum e j
et iusques à ce qu’il pleust au Roi me comman¬
der d’en discourir vn ipur deuantlui, où ai.ant
bien receu les raisons sur lesquelles je mefondoi
pour cest effect ; il me commanda de mettre en
lumière ce que l’experience m’en auoit fait re-
çognoistre. Voila comme , auec l’authorité de
sa Majesté , j’ai exposé en public , le premier
traité de cest ouurage : lequel feust dem eur ® inl ”
parfaict, s’il n’eust-eu le bon-heur de vostre
fauorable support. Mais vostre sage prudence »
jointe
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
9
jointe auec 1 expérience de vos lointains voiages,
pour vos grandes ambassades , en a bien sceu
considérer l’vtilite : et vostre vertu s’opposer
aux trauerses qui se sont manifestées à l’intro¬
duction de tant fructueuse entreprise. Au grand
profit de tout le peuple de la France, qui iusques
ici, a esté contraint de mendier ces choses des
estrangers , se les pouuans donner lui mesmes,
pour la bonté de sa terre èt tempérament de son
ciel. Et voiant auec quelle particulière affection,
vous auez fortifié ce dessein, et combien vous
auez apporté d’aide et de secours pour faire res¬
sentir à toute la France, le bien qu’elle en peut
receuoir, Dieu m’aiant fait la grâce (vn bien sui-
uant communément l’autre ) d’auoir treuué vn
second trésor en la plante du Meurier blanc :
j’ai jugé que comme à un des premiers et princi¬
paux appuis de cest Estât, il vous appartenoit
de me commander, que sous l’asseurance de
vostre nom et dé vostre faueur, j’eusse à le mettre
en lumière : ce que ie fai, et vous supplie tres-
humblement, Monseigneur , auoir pour agréa¬
ble ceste mienne deliberation , voiant de bon
œil, ce liuret que je vous présente , de l’vtilité
qui se tire de l’Escorce de cest arbre, qui est la
matière du linge, beaucoup meilleure et plus
abondante , que ni le lin , ni le chanvre ; dont
la facilité de l’ouurage est telle , que les moin¬
dres seruiteurs de la famille jusqu’aux enfans, y
peuuent estre emploiez , à toutes heures , sans
despense, sans nul hazard , auec bon et heureux
succès. Et la France vous aura l’obligation de
l’auoir remplie de telles richesses, avec l’im¬
mortelle mémoire de vostre nom , de vostre mé¬
rité , de vostre bien-vueillance. le vous supplie
doncques treshumblement , Monseigneur , ré-
ceuoir fauorablement le debile ouurage d’un
homme des champs , qui en sa solitude , priera
Dieu pour vostre longue vie et prospérité, et
des vostres. A Paris ce xxvj. Iuillet i 6 o 3 .
>3 Vostre treshumble et tresobeissant
seruiteur, Olivier de Serres. 33
On peut compter parmi les traverses dont
parle Olivier de Serres dans cette lettre, et qui
s’opposoient à l’introduction de la soie et de
la culture des mûriers en France, l’opinion de
Sully dans le Conseil, opinion qui paroît avoir
été vivement combattue par le Chancelier. Le
premier ne voyoit dans cette introduction qu’un
luxe et une dépense inutiles; le second jugeoit
plus sainement, que ce luxe ne s’en établiroit
pas moins, que pour le satisfaire il faudroit ex¬
porter , comme on le faisoit déjà, des sommes
énormes chez nos voisins ; et que ces sommes
seroient bien plus avantageusement employées
en cultivant nous-mêmes ces objets. L’expé¬
rience et le temps ont prouvé contre l’opinion
de Sully , et à cet égard , comme l’a déjà fort
bien observé M. François ( de Neuf château ) ,
l’agriculteur eut l’honneur de l’emporter sur le
surintendant (1).
La Cueillete de la Soye est d’un caractère
typographique plus fin que l’édition de 1600 ; et
la Seconde richesse du Meurier-blanc est d’un
caractère plus fort que l’édition de i 6 o 3 . Il ré¬
sulte de cette observation, que ces Opuscules
ne sont point extraits des éditions dont ils dé¬
voient faire partie , mais qu’il? ont été impri¬
més séparément, d’un autre caractère , et qu’ils
ont précédé ces éditions, auxquelles ils ser-
voient véritablement d’échantillons, non pour la
forme, mais pour le fond. J’ajouterai que l’exé¬
cution typographique du dernier Opuscule n’est
pas aussi bien soignée, que celle du premier. Au
reste , il est plus rare encore que la Cueillete de
la Soye, on le trouve indiqué dans bien moins de
catalogues, peut-être à cause de son peu d’éten¬
due, et il est cité par moins de bibliographes.
2 0 . Opuscules de pierre richer
de BELiEVAi, JF rentier Professeur
de Botanique et d’Anatomie en l’U¬
niversité de Médecine de Montpel¬
lier ; auxquels on a joint un Traité
d ’olivier de serres, surla Manière de
travailler l’Écorce du Mûrier blanc.
Nouvelle édition , d’après les Exem¬
plaires de la Bibliothèque du Roi.
Bar M. broussonet, d. m. , Associé
Ordinaire de la Société Royale de
Londres , de celles de Montpellier,
d’Edimbourg, de Madrid , etc. Pro¬
fesseur Adjoint d’Economie Rurale
(x) Voyez tome I, page xxxiy.
2
10
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
à VEcole Royale Vétérinaire ( d’Al -
fort). A Paris, m. dcc. lxxxf. *
Grand in-8°, de 8 pages pour le titre et la
préface de l’éditeur ; 38 pages pour le premier
opuscule de Richer de Belleval; \ pages pour
le second ; un feuillet non chiffré , 8 pages et
cinq planches pour le troisième ; enfin 18 pages
pour l’opuscule d 'Olivier de Serres , qui ter¬
mine le recueil, qui a un titre particulier et qui
est paginé séparément, comme toutes les autres
pièces qui précèdent.
M. Broussonet est bien connu des savans par
Ses travaux en histoire naturelle , il étoit secré¬
taire perpétuel de la Société royale d’Agricul¬
ture de Paris , qui se fait toujours gloire de le
compter au nombre de ses membres, et près de
laquelle il rempliroit encore ses fonctions, sans
les missions importantes dont il a été successive¬
ment chargé par le Gouvernement, et sans la
place de professeur de botanique qu’il occupe à
l’École de Médecine de Montpellier; il a fait suc¬
cessivement proposer par la Société royale des
Sciences de cette ville, l’éloge de Richer de Bel¬
leval, et celui d ’Olivier de Serres (i); voici comme
il s’exprime, pages 7 et 8 de la préface , relati¬
vement à la Seconde richesse du Meurier blanc.
« J’ai cru pouvoir mettre à la suite ( des opus¬
cules de Richer de Belleval ) un Traité ü! Oli¬
vier de Serres , sur la Maniéré de filer l’écorce
du Meurier blanc : cette découverte appartient
entièrement à cet Auteur, recommandable par
ses profondes connaissances dans la culture des
végétaux, et dont le Théâtre d’Agriculture f
publié vers le commencement du dernier siecle ,
offre une preuve des progrès que cet Art avait
fait en France , long - tems avant qu’il n’eût
attiré l’attention des Peuples chez lesquels il
fleurit de nos jours. Quelques personnes ayant
d’ailleurs annoncé tout récemment la maniéré
de filer l’écorce du Mûrier, comme une décou¬
verte qui leur était propre ; je me fais un de-,
voir de rendre à la mémoire d’ Olivier de Serres
la justice qui lui est dûe à cet égard. Ses Ou¬
vrages , quoique d’une utilité plus directe que
(1) Voyez ce qui a été dit à ce sujet, tome I,
pages xxxij et lx.
ceux de Belleval, sont presque aussi p eu r é
pandus , et c’est encore un motif qui m ’ a en
gagé à donner une nouvelle édition de celui-ci
Cette maniéré de retirer la soie de l’écorce dé
cet arbre , peut devenir sur-tout avantageuse
dans les Provinces où la rigueur des saisons
ne permet pas d’élever le ver-à-soie. J’aurai
rempli mon but, si je puis engager quelques
personnes à répéter des expériences qui peuvent
devenir très - avantageuses , et qu’ Olivier de
Serres avait commencé en grand par les ordres
de Henri IV, dans le Jardin des Tuileries. »
M. Broussonet a conservé à cette réimpres¬
sion la date de i 6 o 3 ; il vouloit aussi conserver
avec soin l’originalité de l’orthographe ; mais, à
cet égard, il a été mal secondé dans les détails,
par l’imprimeur, qui a joint au style à?Olivier
de Serres, l’accentuation moderne qui n’exis-
toit point alors.
Cette édition n’a été tirée qu’à un petit nom¬
bre d’exemplaires.
3 °. The perfectuse ofSilk-w ormes ,
and their benefit. With the exact
planting , and artificiall handling of
Mulberrie trees whereby to nourish
them , and the figures to know how to
feede the Wormes , and to winde off
the Silke. And the fit maner to pré¬
paré the barke of the white Mulberrie
to make fine linnen and other workes
thereof. Done ont of the French ori-
ginall of d’ olivier de serres lord ofi
Pradel into English 3 by Nicolas
geffe Esquier. With an annexeddis¬
course ofhis owne of the meanes and
sufficiencie of England for to haue
abundance offine Silke by feeding of
Silke-wormes within the same ; as by
apparent p roof es by and universall
benefit of ail those his Countrey nien
which embrace them. Neuer the like
y et here discouered by any.
Au despit d’envie.
At London Imprented by F EL JX
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
11
Kyngston , and are to be sold by
Richard Sergier and Christo¬
pher Purset y <with the assignaient
of William St allen ge. 1607. Cum
Privilegio.
Petit in-40. de 4 feuillets non chiffrés pour le
titre , l’épitre dédicatoire du traducteur au roi
Jacques I, et trois pièces de poésies angloises
en l’honneur à? Olivier de Serres ; 96 pages de
texte, chiffrées de suite, puis ensuite un feuillet
chiffré 81 au recto seulement, sans néanmoins
interruption du texte , et au verso de ce feuil¬
let 81, ainsi qu’au recto du feuillet suivant non
chiffré, sont deux gravures en bois.
L’ouvrage de N. Geffe, annoncé dans le
titre , est paginé séparément et a un titre par¬
ticulier, avec cette épigraphe : propatriapario-,
il a un feuillet pour le titre , 14 pages de texte
( celle 2 est cotée 88 , sans doute aussi par er¬
reur ), et un feuillet non chiffré à la fin , pour
un avis au lecteur ( to the Reader ) , daté de
Londres , Bacon House, 20 Mai 1607; l’er-
rata est au recto de ce feuillet.
Cette traduction est celle des deux opuscules
d '‘Olivier de Serres ; le titre anglois, comme
nous l’avons vu tout-à-l’lieure pour le titre alle¬
mand de la traduction de la Cueillete de la
Soye, est beaucoup plus étendu que l’original,
et cela étoit nécessaire pour donner de l’avan¬
tage à une, chose encore nouvelle et inconnue
dans les pays où on vouloit la propager. Voici
à-peu-près la traduction du titre anglois : Le
parfait usage des vers à soie et leurs bénéfices $
avec la plantation exacte et la conduite artifi¬
cielle des mûriers dont ils se nourrissent, et
les figures qui indiquent la manière de les
élever et de dévider la soie. La meilleure ma¬
nière de préparer Vécorce du mûrier Blanc pour
en faire de la toile et d’autres ouvrages : tra¬
duit en anglois, de l’original françois ^Oli¬
vier de Serres , seigneur du Pradel, par Ni¬
colas Geffe écuyer. On y a joint un traité
de ce dernier sur les moyens et la facilité qu’a
l’Angleterre de se procurer beaucoup de belles
soies en élevant chez elle des vers à soie ; ce
qui est démontré par des preuves non équivo¬
ques et par les bénéfices qu’en retirent tous
ceux de cette contrée qui nourrissent des vers ;
sujet qui cependant n’a jamais été traité jus¬
qu’ici dans cette Isle , etc.
La Cueillete de la Soye se termine à la
page 85 , et la Seconde richesse du Meurierblanc
occupe les pages 86-—ç3 ; le surplus est em¬
ployé a la description des figures ajoutées à cette
traduction , figures qui sont prises dans l’ou¬
vrage de J. B. Le-Tellier, imprimé en i 6 o 3 ,
ou dans celui de B. de Laffemas, imprimé en
160 5 , indiqués , l’un et l’autre, par M. Gré¬
goire , dans son Essai Historique sur l’état de
l’Agriculture en Europe au XVI e siècle, placé
en tête du tome I ( page cxlvj ) ; elles sont les
mêmes dans les deux ouvrages.
Séguier, qui ne cite point la Cueillete de la
Soye , ne parle de cette traduction angloise que
comme étant celle de la Seconde richesse du
Meurier blanc seulement (1). Boehmer, en la
plaçant immédiatement après celle-ci , paroît
avoir commis la même erreur : il l’indique sous
le format in-octavo (2).
Boissierde Sauvages, en en rapportant le titre
fort abrégé , se borne à dire en note , qu’ellfe
n’est que la traduction d’une partie de l’ouvrage
d "‘Olivier de Serres ( 3 ).
Il doit paroître étonnant aux bibliographes
que Haller, qui étoit l’ami de Séguier et qui
avoit son ouvrage sous les yeux, ait oublié cette
traduction. Elle est dans la bibliothèque de
Sir Joseph Banks, et on la trouve dans son
catalogue, tome II, page 529 , et tome III,
page 601.
M. Grégoire a bien indiqué les deux tra¬
ductions allemande et angloise des opuscules
à’Olivier de Serres, dans son Essai sur l’état
de l’Agriculture, déjà cité, page cxlvij.
Ces opuscules ne peuvent plus avoir aujour¬
d’hui d’autre mérite que celui qui tient à la
rareté bibliographique, et sous ce rapport les
amateurs continueront à les rechercher; mais
considérés sous celui qui les a fait rédiger, ils
deviennent inutiles aux agriculteurs, puisque le
premier se trouve dans toutes les éditions du
(1) Bibliotheca botanica, pag. 3 p 3 .
(2) Bibliotheca scriptorum , etc. , pag. 25 a.
( 3 ) Catalogue cité , page 3 .
12
notice bibliographique
Théâtre d’Agriculture
manque qu’à celle de ï
paru , et à celle de T
l’an XI( 180»), en 4
celle de 1600.
I I I.
10 . Le Theatre d’Agricvltvre
RT MESN AGE DES CHAMPS. d’OrIVIER
de Serres Seignevr dv Pradel. A Pa¬
ris. m. d. c. Pai' Iamet Metayer
I mprimeur ordinaire du Roy. Auec
privilège de sa Majesté et de l Lm-
pereur. *
In-f°. , de 8 feuillets non chiffrés pour le
titre, l’épitre dédicatoire au roi, le privilège,
la préface et le sommaire général de tout l’ou¬
vrage ; vient ensuite le premier feuillet du texte,
formant les pages 1 et 2 de la signature A, non
chiffrées, contenant le titre et le sommaire du
premier Lieu, et faisant partie des 1004 pages
de texte; puis 9 feuillets non chiffrés pour la !
table des matières, imprimée en caractères ita¬
liques ; enfin un dernier feuillet isolé, au milieu
du recto duquel on lit : Acheué d’Imprimer } le
premier Iour de Iuillet, m. d. c.
Le titre est un frontispice gravé représentant
un portique d’architecture d’ordre toscan ; il
est soutenu de pilastres ornés de bossages ,
bases et chapiteaux , érigés sur piédestaux; la
partie supérieure est terminée par une archi¬
trave , une frise et une corniche. Les pilastres
sont en saillie sur des pieds droits; deux de ces
pilastres reçoivent l’arcade, qui est aussi ornée
de bossages, et au milieu de laquelle il y a une
clef. Dans les tympans de l’arcade sont, de
chaque côté., des trophées en faisceaux , for¬
més avec des instrumens d’agriculture. Les
piédestaux dés pilastres antérieurs sont ornés
de paysages. On lit dans le milieu de la plinthe
qui règne au-dessus de la frise : Secvritas
Pvblica , et de chaque côté il y a une guirlande
de fruits. La paitie supérieure du portique est
une terrasse carrée, aux quatre coins de la¬
f et que le second ne
600, après laquelle il a
Æ. Gisors, publiée en
volumes in-octavo, sur
quelle il y a des vases de fleurs; chaque côté
est occupé par quatre carrés de parterre , divisés
par compartimens : au milieu de la terrasse est
Henri IV, assis sur son trône, ayant sa cou¬
ronne , et revêtu de ses habits royaux , tenant
dans la main droite la main de justice, et dans la
gauche le sceptre : la Justice, tenant en mains
l’épée et la balance, est à sa droite ; la Paix,
tenant une branche d’olivier , est à sa gauche,
toutes deux assises sur un petit tertre. En avant,
à droite, est l’Agriculture, représentée par une
femme qui laboure à la bêche. Le fond de l’es¬
tampe représente une vaste campagne ; sur le
devant, de chaque côté du portique, est un
champ de grains , à droite un olivier, à gauche
un mûrier ; dans le fond à droite est un soleil
couchant derrière une montagne ; dans l’éloi¬
gnement 011 voit des tours ; à gauche est une
autre montagne, au pied de laquelle est un
château : la campagne est parsemée d’arbres. Le
titre de l’ouvrage occupe le milieu du portique:
on lit dans un coin de la plinthe du bas, à
gauche : Mallerÿ ,fecit. Cette planche est bien
gravée sur cuivre.
Le nom de l’imprimeur étoit écrit Mettayer
dans le titre et à la fin du premier opuscule, il
est écrit ici Métayer. C’est encore une preuve à
ajouter à ce que j’ai déjà dit de la variation dè
l’orthographe , qui, comme on le voit, s’éten-
doit jusqu’aux noms propres.
L’épitre dédicatoire est surmontée d’une vi¬
gnette , au milieu de laquelle est placé l’écusson
des armes de France seulement, celles de Na¬
varre n’y sont pas : au bas de cet écusson est le
chiffre de l’imprimeur ; de chaque côté sont des
figures allégoriques ; la lettre S du mot sire est
ornée : dans cette épitre, Olivier de Serres fait
allusion à l’épigraphe securitaspublica, et à la
position du roi sur le frontispice : Vostrepeuple,
dit-il, demeure en seurtépublique.... cultivant
sa terre , ... à l’abri de Vostre Majesté, qui a
à ses costés la Justice et la Paix. Cette épitre
dédicatoire datée dans toutes les éditions sui¬
vantes , de Paris , le premier jour de Mars 1600,
ne l’est point ici , ce n’est qu’à la seconde édi¬
tion que cette date a été restituée.
Le privilège du roi seulement, et non celui
de l’empereur , dont il est fait mention dans le
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
titre , est imprime tout entier après l’épitre dé-
dicatoire, avant la préface ; le nom à? Olivier de
Serres, seigneur du Pradel, s’y lit tout au long.
On a vu dans l’extrait de ce même privilège ,
qui est à la suite des opuscules , qu’il n’y avoit
que sieur du Pradel.
Le titre de chaque Lieu, ou Livre , est sur¬
monté d’une vignette en bois, encadrée dans
des cadres mobiles, fort bien gravée , elle re¬
présente les travaux dont il est question dans le
Lieu : au bas est en cul-de-lampe le même pot
de fleurs pyramidal que j’ai indiqué à la fin de
la Cueillete de la Soye ; au verso de ce titre est
le sommaire du Lieu, comme on le trouve dans
la nouvelle édition.
Les seize planches qui sont dans le Lieu
sixième représentent des compartimens de par¬
terres pris dans ceux qui ornoient alors les. jar¬
dins des Tuileries, de Saint-Germain-en-Laye,
et de Fontainebleau, et quelques plans du jardin
médicinal ; elles sont imprimées avec le texte ,
et sont également gravées en bois.
Cette édition est, sans contredit, la plus
belle de celles qui ont été publiées pendant la
vie à' Olivier de Serres, et elle fait honneur à
l’imprimerie de Jamet Métayer ; mais aussi les
augmentations nombreuses que l’auteur a ajou¬
tées aux éditions suivantes la rendent la moins
complette. J’indiquerai ces additions en parlant
de la seconde.
Quelques catalogues de vente de bibliothè¬
ques ont annoncé cette édition de 1600 sous le
format in-quarto, et à cet égard je dois dire que
moi-même j’ai cru, pendant quelques temps, que
les éditions in-quarto étoient in-octavo, en ne
faisant attention qu’aux signatures des feuilles ;
peut-être est-ce par le même motif que les li¬
braires qui ont rédigé ces catalogues auront fait
la même faute. Chaque signature de l’in-folio
est composée d’un cahier de deux feuilles ,
comme dans plusieurs éditions in-quarto , ce
qui donne 4 feuillets ou 8 pages pour chaque si¬
gnature de l’in-folio, et 8 feuillets ou, 16 pages
pour chaque signature de l’in-quarto. Mais il
suffit, s’il restoit quelques doutes à cet égard,
de consulter les vergeures et les pontuseaux
du papier pour se convaincre de la réalité des
formats in-folio et in-quarto.
i 3
2 , 0 . — Seconde Edition , reueuë et
augmentée par l*Auteur. Ici est re¬
présenté tout ce qui est requis et ne¬
cessaire pour bien Dresser , Gouuer-
ner , Enrichir et Embellir, La maison
R rsTiQVE. A Paris, m. dciii. Chés
Aer. Savgrain t rue S t . Iacques de-
uant S\ Benoist , a l’enseigne des
deux Viperes. Auecpriuilege du Roi
et de ! Empereur. *
In - 4 °- de 8 feuillets non chiffrés pour le
titre, l’épitre au roi , les privilèges et la pré¬
face ; 907 pages de texte, y compris le titre et
le sommaire du premier Lieu, non chiffrés,
comme dans la première édition; le verso du
dernier feuillet est blanc ; v3 feuillets non chif¬
frés pour la table des matières, imprimée en
caractères romains ; le verso du dernier feuillet
de la table contient l’errata , et au-dessous on
lit en gros caractères : La première Impression
deceLiure a esté acheuee d’imprimer, le der¬
nier jour de Iuillet. m. ne. dans l’édition in-
folio , on lit le premier jour de Iuillet.
Le frontispice du titre est le même que dans
la première édition ; mais il a été regravé dans
de plus petites proportions, pour l’adapter au
format in-quarto, et on y observe quelques diffé¬
rences. Les deux paysages des piédestaux des
pilastres antérieurs sont transposés, et ne res¬
semblent pas parfaitement aux premiers ; le
nom du graveur, qui, ici, est écrit C. de Mal-
lery , se trouve au bas de la plinthe à droite ;
les figures de dessus la terrasse présentent aussi
quelques dissemblances.
Après l’épitre dédicatoire vient le privilège
du roi , et ensuite V Extraict des Registres de
Parlement, duquel il résulte que le privilège
n’a été enregistré que le 5 Juillet 1602. Plus
bas est la vérification du prévôt de Paris , du
21 Août i 6 o 3 . On trouve ensuite le privilège
de l’empereur d’Allemagne, Rodolphe II ; il
est en latin, et pour dix ans, comme celui du
roi : Datum in Arce nostra Regia Pragæ , die
■vigesima octaua mensis Iunij. Anno Domint
millesimo sexcentesimo primo. Ce Rodolphe ,
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
14
second du nom , qui avoit alors quarante-neuf
ans, étoit grand amateur. d’astronomie , 4 e
chimie et d’équitation.
Les vignettes en bois placées au-dë.ssus dii
titre de chaque Lieu } 'sottt lés mêmes qùe dans
l’édition in-folio , on en a supprimé les cadres
m.o\)\\es, Saugrain a fait'aûssi comme.avoit, fait
Métayer, il.a placé au-dessous dp cei? titres le
cul-de-lampe qu’il ayoit mis. dans, le ti.trevde la
Seconde richesse du Mêürier blanc.
Les seize figures du sixième Lieu sont égale¬
ment les mêmes , et faisant partie du texte , à
l’exception de la dernière, page 554 , qui est
tirée à part ; elle n’auroît pu tenir sur la même
page où est le texte qui la concerne, et on n’â
pas jugé à prôpos de la tirer Sur feuille pleine ;
comme dans Fin-folio , bu ellè a un’ onglët poù'r
être endossée avec lés autres.
Cette seconde édition contient beaucoup
d’augmentations et d’additions faites par Oli¬
vier de Serres -, depuis la première- ; les prin¬
cipales se rapportent aux pages suivantés de
l’édition de 1600 : préfacé ; deuxième Lieu ,
page 107; troisième Lieu , pages 211, 217,
25 o ; cinquième Lieu, pages 358 , 4 o 3 , 404
458 , 462 , 471 j sixième Lieu , pages 5 i 3 ,
538 , 544, 552 , 558 , 56 1, 5 7 o, 5 97 , 6 x 3 ,
626, 691, y' 5 z. Cë ne sont pas, au surplus,
de simples augmentations , des changemens ou
des corrections ; c’est, comme je l’ai déjà dit, un
chapitre entier au cinquième Lieu ; ce sont des
articles neufs ajoutés, tels que la manière de
faire éclore les canards à la Chine , page 358 ;
l’historique de l’introduction de la culture de la
soie en France, page 458 ; un supplément à la
culture du mûrier, pages 462 et 471 ; un article
très-étendu sur la culture des melons, page 544;
c est 1 arbre de Judee , le lilas , lé seringa ,
l’aulonier , ajoutés aux arbres d’agrément ,
pages 558 et 56 1 ; la manière de conserver les
coins, page 691 ; etc., etc.
C’est sur cette édition que nous avons princi¬
palement fait la nôtre ; je dis principalement,
parce que je n’ai pas négligé de collationner les
suivantes , et d’y reporter quelques légers chan¬
gemens et quelques nouvelles additions qù’ Oli¬
vier de Serres avoit cru devoir y ajouter. Elle
est assez correcte, et d’ijne exécution typogra¬
phique soignée, mais le papier n’en est pas beau
On trouve dans le Catalogue des livres defè
le C. Michot , dont la vente a été faite ^
M. Barroisainé, libraire, en Fructidor an Vlli
( page 12, n°. 60), une édition du Théâtre
d’Agriculture d ’Olivier de Serres , indiquée
sous la date de 1604, in-40. ; mais c’estune er¬
reur que j’ai vérifiée , c’étoit l’édition de i6o3
3 °. — Troisiesme Edition .......
A Paris, m. ncv. Chés Abu. Sa y.
grain . ..... (1).
In-40. de 8 feuillets non chiffrés pour tout
ce qui précède le texte, comme à la précé¬
dente; 997 pages de texte, le verso du dernier
feuillet blanc , et i 3 feuillets non chiffrés pour
la table des matières, imprimée en caractères
italiques.
Quoique cette édition ait un plus grand
nombre de pages que la précédente, elle n’en
diffère cependant que par le changement de
quelques vignettes ou de lettres initiales ; ce
plus grand nombre de pages vient de ce que
l’impression est plus chassée, la justification
des pages étant plus étroite ; on trouve deux
lignes de moins dès la première page , cinq à la
seconde, neuf à la troisième , etc.
Après la page 496 , qui termine la feuille
H h , on trouve 3 feuillets non paginés, qui ont
pour signature nne *J* , ce qui fait six pages de
texte de plus. Ces trois feuillets contiennent le
chapitre XVI du cinquième Lieu, qui avoit
sans doute été oublié , et qu’on a réimprimé
après coup. Après la page 576 , qui termine la
feuille N n, la feuille O o ; commence par 587 et
suit ainsi , ce, qui fait dix pages de moins : la
page 61 3 est chiffrée 611 ; puis vient ensuite
614 j 61 5 , puis reprend 612, 6i3 > 6t4? sans
dérangement dans le texte et dans la feuille P p}
la feuille Q q recommence à 609 et suit de nou¬
veau , ce qui fait ici dix pages de plus 5 la page
814 est chiffrée 81 5 , celle 8 i 5 est chiffrée 816,
(1) Dans cette édition , comme dans les suivantes , j e
ne copie du titre que ce qui s’y trouve ajouté ou changé
de l’édition d’auparavant , r ainsi tout ce que je ne copie
pas est censé exister comme dans les éditions qui pré¬
cèdent,
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
i 5
et la page 816 est bien chiffrée ; la page 819 est
chiffrée 816 : ainsi il y a réellement dans cette
édition , à cause de l’irrégularité de la pagina¬
tion , cent pages de plus que dans la seconde. *
Quelques autres éditions présentent égale¬
ment des fautes de pagination 5 je ne les ai pas
toutes collationnées comme celle-ci ; lorsque le
hasard m’a fait découvrir de ces fautes , je les
ai indiquées , mais je me suis ordinairement
borné à prendre le nombre des pages du texte
sur la dernière.
Cette troisième édition est imprimée avec les
mêmes caractères que la seconde, ils étoient
usés, et l’exécution s’en ressent.; le papier est
moins beau encore. Les vignettes et les culs-de-
lampes des titres des Lieux sont, les mêmes.
L’exemplaire que j’ai sous les yeux étoit dans
la Bibliothèque de l’Abbaye de Sainte-Géne¬
viève, à Paris, il est aujourd’hui dans celle du
Panthéon , qui la remplace , ou plutôt qui est
la même.
Béguillet et Bonnaterre ont annoncé comme
première, une édition du Théâtre d’Agricul¬
ture , sous la date de 1606; le premier dans
Y Encyclopédie in-folio, supplément, tome I,
au mot Agriculture ( page 216 ) ; le second dans
le troisième discours qui est en tête du Diction¬
naire d > Agriculture de Y Encyclopédie métho¬
dique (page 242) ’ on voit que c’est une erreur,
il 11’y a même point d’édition de cette année;, je
dois dire aussi que Philippe Re a fait la même
faute plus récemment encore, d’après l’un ou
l’autre, dans son Essai de Bibliographie géor -
gique ( 1 ) ; et, comme Haller, il appelle Olivier,
des Serres ; Béguillet l’appelle sire de P radines.
4°. —r Quatriesme Edition . . . ....
A Paris, m, jdc. viii . Chez Îean
Berjon rue Sainct Jean de Beàuuais
au Cheual volant, et sa boutique au
Palais , en la galle rie des prison¬
niers . . . *
In-4°., de 20 feuillets non chiffrés pour tout
ce qui précède le texte ; et en outre , dans cette
édition , pour les quatorze pièces de poésies en
l’honneur d ’Olivier de Serres et de son ouvrage,
la première où elles se trouvent ; 908 pages de
texte , un feuillet Blanc , dernier de la signa¬
ture M m m ; 1 3 feuillets non chiffrés pour la
table, imprimée en caractères romains; on lit
au recto du dernier : Quatriesme Edition Im¬
primée a Paris , chez Iean Berjon , Van m.
ne. viii.
Le frontispice ou le titre a été regravé de nou¬
veau , et on y observe des différences, soit dans
lés paysages qui sont sur la face antérieure des
piédestaux des pilastres, soit sur la terrasse,
soit.dans le fond : ici le trône et la robe de
Hehfi IV sont semés de fleurs de lys ; dans les
précédons, le trône seulement étoit semé d’her¬
mines ou d’abeilles, et la robe du roi étoit unie :
ce n’est plus un château., c’est une ville qu’on
observe au pied de la montagne à gauche ; on
lit sur le socle du piédestal, du même côté :
L. Gaultier sculp. En général , cette gravure
est moins douce et moins bien soignée que les
précédentes. Les vignettes en tête du titre des
Lieux sont bien les, mêmes que dans les édi-r
tions précédentes, mais on n’y retrouve point
les petits, cpls-de-lampes ; au reste, cette édition
pàroîf avoir été faite, page pour page ou à-peu-
près , sur celle de i 6 o 3 : elle né contient que
quelques légères augmentations vers la fin, qui
est d’ailleurs, un peu moins serrée, ce qui a
chassé sur la 908* page. Ces augmentations pa-
roissent indiquer qu’ Olivier de Serres a sur¬
veillé lui-même cette édition , qui, en général,
est mieux exécutée que la précédente.
Les Berjon étoient de Geneve, et ils y avoient
une imprimerie ; Olivier de Serres y avoit été
faire un voyage, près de Calvin, en i 56 i (1),
et ils professoient la même religion;il ne faut
sans doute pas chercher ailleurs l’origine des
éditions du Théâtre d’Agriculture par ces im¬
primeurs , soit N à Paris, soit à Geneve;. et«ce ne
peut être-que à'Olivier de Serres, lui Smême,
qu’ils tenoient les poésies qu’ils ont mis les pre¬
miers en tête de leurs éditions.
5 °. Le THEATRE d’Agricvltvre
(1) Saggio di Bibliografia Georgica. In Venezia,
1802. in-8°., pag. 4-9•
(1) Voyeç tome II, page xyj.
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
1 6
et Mesnàge des Champs , d’ oli¬
vier de serres , jS r . dv Pradel. Ou
est représenté tout ce qui est requis
et necessaire pour bien Dresser,
Gouuerner , Enrichir et Embellir la
Maison Rustique. Derniere édition,
Reueuë et Augmentée par f Autheur.
A Geneve, Par Mjtthief Berjon.
M. FIC. XI. *
In-8°. , de 32 feuillets non chiffrés pour le
titre , l’épitre , les privilèges , les poésies , la
préface , le titre et le sommaire du premier Lieu ;
1198 pages de texte, et 16 feuillets non chiffrés
pour la table, imprimée en caractères romains.
Il y a des exemplaires dans lesquels on lit
seulement : Par Matthiev Berjon , sans
nom de lieu d’impression, tel est celui cité par
Haller(\)y et un autre que j’ai vu dans le Dépôt
littéraire des Jésuites de la rue Saint-Antoine ;
dans d’autres on lit : A Cologni Par Mat -
thiev Berjon , comme dans un exemplaire
que j’ai dans ma bibliothèque 5 tous sont de la
même édition.
Le titre de l’ouvrage a été un peu changé
dans cette édition ; la vignette représente un
portique au fond d’une espèce de péristyle,
d’un côté est un soldat romain qui paroît en
garder l’entrée , et de l’autre , un philosophe
qui tient à la main un poinçon , çt qui parle au
garde.
On sait que dans plusieurs ouvrages imprimés
à Geneve vers le même temps, le nom de la ville
ou celui du libraire n’y étoient point, et que
quelquefois on ne les y mettoit qu’après coup
et à la main, ce qu’en terme d’in^primerie , on
appelle pousser. Des exemplaires de cette édi¬
tion de 1611 auront été tirés de ces trois ma?
nières, et avec ces différences , qu’on retrouve
dans quelques éditions A-Elian \ de Animalium
Ratura ) et dans d’autres. Au reste, A Geneve
est imprimé, et A Cologni est seulement poussé
dans les exemplaires où je les ai vus , ce qui est
aisé à reconnoitre au peu de netteté des carac¬
tères poussés, qui ont besoin de beaucoup d’en-
(0 Bibliotheca botanica, tgm . I ,pag. Z<) 5 .
cre pour marquer, avec une pression bien moi
considérable que celle de la presse ordinaire
Cologni ou Cologny, car on le trouve écrit
de ces deux manières, est un des noms de
Geneve (Colonia Allobrogum) ; beaucoup de
copistes et quelques bibliographes écrivent Co¬
logne, dont l’origine est la même {Colonia
Agrippina ). On a fait la même faute pour l a
traduction françoise de Xénophon, par Pyra-
mus de Candole , également imprimée à Co-
logny dans le même temps ( en 1613 ).
Quant à la manière d’écrire la date, m. vic.xi
c’est bien 1611 5 on a déjà vu dans l’édition pré¬
cédente, que Jean Berjon avoit également im¬
primé à la fin m. vie. vin , pour 1608, qui est
dans le titre.
Les vignettes en tête des Lieux ne sont pas
celles des éditions précédentes ; elles n’ont rien
de relatif aux travaux qui y sont indiqués.
L’édition est assez correcte; le caractère est
trop fin pour le plus grand nombre des lec¬
teurs , et l’ouvrage forme un billot ; aussi beau¬
coup d’exemplaires sont-ils reliés en deux vo¬
lumes , coupés ordinairement au sixième Lieu.
Les planches , comme dans les éditions in-
quarto , sont en bois, et imprimées avec le
texte ; elles ont été réduites pour le format in-
ectavo, à l’exception de la seizième, page y 3 o,
tirée à part, et qu’on a conservée de toute sa
grandeur.
Boehmer cite cette édition avec celle de 1629,
sous le format in - quarto (1); mais c’est une
erreur d’autant plus certaine qu’il avoit l’ou¬
vrage de Haller sous les yeux. Toutes les au¬
tres éditions de Geneve étant in-quarto, il aura
peut-être pensé que Haller s’étoit lui-même
trompé, quoiqu’il annonçât cette édition comme
étant dans sa bibliothèque.
On trouve dans le Catalogue de la Librairie
de Charles Bougons ( in - 12 , page 34 ) ? une
édition du Théâtre d’Agriculture indiquée sous
la date de Geneve, 1661 , 2 volumes in-8°. ,
c’est une erreur de date que j’ai vérifiée , c est
bien l’édition de 16» 1. Ges sortes d’erreurs de
dates , qui sont assez fréquentes dans les catalo-
(1) Bibliotheca scriptorum historiée naturalis , etc-,
pars I, vol. II , pas. 6 o 3 .
gués,
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
*7
gués, font le tourment des bibliographes qu’elles
trompent, sans que, le plus souvent, ils puis¬
sent le soupçonner, et sans qu’il soit, plus sou¬
vent encore, possible de le vérifier; on a créé ainsi
une foule d’éditions qui n’ont jamais existé.
L’auteur du Mémoire sur la culture de Voli¬
vier , qui-a obtenu le premier accessit à l’Aca¬
démie des Belles-Lettres , Sciences et Arts de
Marseille , en 1782, dit, page 36 de son mé¬
moire , imprimé à Aix l’année suivante, in-8°.,
qu’une troisième édition du Théâtre d’Agricul¬
ture a paru douze ans après celle in-folio qu’il
cite. Il n’en a point paru en 16x2, et celle de
1611 seroit au moins la cinquième édition. L’au¬
teur a supprimé ces détails dans la seconde édi¬
tion de son ouvrage , imprimé à Montpellier,
en 1784.
6 °. — A Paris, m. jdc. xv. Chés
Abr. Savgrain .. *
In~ 4 °., de i 3 feuillets non chiffrés pour tous
les préliminaires ; 907 pages de texte ; 1 3 feuil¬
lets non chiffrés pour la table des matières , im¬
primée en caractères italiques ; au verso du der¬
nier feuillet on lit en caractères plus petits que
dans l’édition de i 6 o 3 , dans un cartouche
carré : La première Impression de ce Liure a
esté acheuee d’imprimer, le dernier iour du
mois de Iuillet, 1600.
Le frontispice est le même que dans les pré¬
cédentes éditions de Saugrain , mais il est plus
usé par le tirage ; l’épitre dédicatoire et les pri¬
vilèges n’occupent chacun que deux pages , au
lieu de trois qu’ils occupent dans les éditions
dont je viens de parler ; on trouve ensuite douze
pièces de vers seulement, au lieu de quatorze
qui sont dans les éditions de Jean et de Ma¬
thieu Berjon ; elles sont placées différemment :
celle de Chalendar, et l’ode de Josué Rossel
ne s’y trouvent point ; la dernière, de Desonan,
n’est pas signée, La préface a 10 pages au lieu
^de 8 , et le titre du premier Lieu , qui forme le
premier feuillet du texte , est chiffré. Il n’y a
point de vignettes relatives à l’agriculture en
tête des titres des Lieux.
Cette édition est faite , page pour page , sur
celle de i6o3, il y a seulement une légère dif¬
férence à la page 3 , et on a ajouté, à la fin, les
augmentations qui se trouvent à celle de 1608 ;
elle porte , comme la précédente et comme
toutes les suivantes, dans le titre, Demiere
Edition.
7°* — A Paris, m. ne. xni.
Chés Abr. Savgrain .*
Cette prétendue édition de 1617 est la même
que la précédente ; on s’est borné seulement à
regraver la date du titre.
L’exemplaire que j’ai de cette date , sans être
grand papier, est plus grand de marge qu’aucun
des in-quarto , et est sans doute à sa première
reliure. Il y a , au commencement et à la fin ,
des notes manuscrites, qui contiennent quel¬
ques procédés de culture des arbres , et l’indica¬
tion de plusieurs remèdes ; ces notes sont de
l’écriture du temps.
Ici finissent les éditions de Paris ; le privi¬
lège étoit pour dix ans , à dater de 1600 , et il
ne paroît point qu’il ait été renouvelé , puisque
toutes celles dont il me reste à parler portent
le même, ou n’en portent point.
8°. —. . . . . Pour Pierre et laques
Chouët. m. ne xix. *
In- 4 °., sans nom de lieu d’impression; mais
on sait, et on verra plus loin , que les Chouët
faisoient la librairie à Geneve ; 16 feuillets non
chiffrés pour tout ce qui précède le texte, et y
compris le titre et le sommaire du premier
Lieu ; 878 pages de texte, un feuillet blanc, et
8 feuillets non chiffrés pour la table des ma¬
tières , imprimée en petit romain romain.
Cet exemplaire vient de la bibliothèque de
mon savant ami et collègue M. Giobert, mem¬
bre de l’Académie des Sciences de Turin ,
secrétaire de la Société d’Agriculture de la
même ville, etc, ; il me l’a envoyé, ne l’ayant
pas vu indiqué dans la notice que j’ai publiée
en l’an VIII.
Le titre est le même que celui de l’édition
de 1611 ; la vignette est encadrée dans un car¬
touche qui a de chaque côté une colonne autour
de laquelle serpente un cep de vigne; le fond est
un jardin à compartimens ; les quatorze pièces
3
*8
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
de poésies se trouvent ici, et il n’y a point de
vignettes en tête des titres de chaque Lieu.
On retrouve à cette édition ce que nous avons
déjà observé à celle in-octavo de 1611, des
exemplaires sans nom de lieu d’impression ,
comme le mien ; d’autres où A Geneve est
poussé seulement, et en petits caractères ; d’au¬
tres enfin où A Geneve est imprimé , et tous,
sont également les mêmes. Un exemplaire de
la même date : A Geneve, par Mattiiiev
Berjon , qui est dans la bibliothèque de l’École
de Médecine de Paris, et qui vient de la bi¬
bliothèque de l’Académie de Chirurgie, est éga¬
lement de la même édition.
Cette édition , la dernière faite du vivant
d ' Olivier de Serres , et qui a paru l’année même
de sa mort, ne prévient ni par l’exécution ty¬
pographique , ni par la beauté du papier ; il y
a, comme dans toutes les éditions suivantes,
beaucoup de fautes d’impression; les planches
en bois du sixième Lieu sont regravées sur le
plan de celles de l’édition in-octavo de 1611 ,
mais plus mal encore ; la dernière est supprimée,
quoique sa description y soit restée (page 53ç).
Malgré la mort d 'Olivier de Serres, toutes
les éditions postérieures , celle de 1675 ex¬
ceptée , portent : Reueuë et Augmentée par
l’Autheur. Cette espèce de charlatanerie typo¬
graphique a induit quelques écrivains en erreur;
ils ont indiqué celles de ces éditions qu’ils ci-
toient comme effectivement revues par l’auteur.
9°* — A Roven, chez Lovys jdf
Mesnil, petite ruë Sainct lean, à
l& Croix d’Or. m . jdc. xxiii .
In-4 •, de 8 feuillets non chiffrés pour tout
ce qui précède le texte ; 907 pages de texte, et
ï 3 feuillets non chiffrés pour la table, impri¬
mée en caractères italiques. L’épitre dédica-
toire n’est pas datée, il n’y a point de privi¬
lèges , point de vignettes relatives aux travaux
de chacun des Lieux , et il n’y a qu’une seule
pièce de poésie non signée après l’épitre au roi 5
cette pièce est celle de Desonan, déjà sans si¬
gnature dans l’édition de i 6 i 5 ou 1617, sur
laquelle celle-ci a été faite ; elle est assez bien
imprimée.
Un exemplaire : A Roven, chez Lacées
Hozzant, Imprimeur, ruë de la Pie,près des
Iacobins , de la même date, et qui est dans la
bibliothèque de mon collègue M. Silvestre est
de la même édition.
Celui que j’ai cité est dans la bibliothèque
du Muséum d’Histoire naturelle, à Paris. La
seizième figure du sixième Lieu (page 554 ),
manque à tous les deux, comme dans l’édition
précédente , et les lignes du titre sont alterna¬
tivement noires et rouges.
io°. — A Roven, chez Robert
Valentin , dans la Cour du Valais .
M. dc. xxiii. *
In- 4 °. , de 7 feuillets non chiffrés pour le
titre, l’épitre dédicatoire et la préface ; 908
pages de texte, y compris le titre et le sommaire
du premier Lieu non chiffrés ; un feuillet hlanc.,
et i 3 feuillets non chiffrés pour la table, im¬
primée en mêmes caractères que le texte.
On voit déjà que cette édition , quoique de la
même ville et de la même date que la précé¬
dente , en diffère cependant par le nombre des
pages et par la table ; mai's elle présente des dif¬
férences bien plus sensibles encore, et qui ne
peuvent laisser de doute que ce ne soient deux
éditions absolument distinctes. i°. Ni le car¬
touche du titre, ni aucune vignette ne se ressem¬
blent. 2°. Il n’y a point de poésies dans cette
dernière , et la première signature a est bien
complette, y compris le premier feuillet du texte
qui n’est point chiffré ici, et qui l’est dans la
précédente ; par conséquent il n’y manque point
de feuillets , comme on pourroit le croire, n’é¬
tant pas chiffrée. 3 °. Les vignettes en tête des
Lieux , qui représentent les travaux de l’Agri¬
culture , et qui ne sont pas dans l’édition de
du Mesnil, se retrouvent dans l’édition de
Valentin ; mais elles diffèrent de celles des édi¬
tions où on les a déjà remarquées ; elles ont été
regravées, et ne le sont pas , à beaucoup près,
aussi bien que les. premières: il n’y en a point
au second Lieu. 4®. Les titres courans du haut
des pages portent, dans l’édition précédente :
Du Théâtre d.’Agriculture , Lieu premier >
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
l 9
second, etc., comme dans les éditions de 1600,
1 6 o 3 , 1 6 o 5 et 161 5 }et dans celle-ci, ils portent
au contraire : Lieu premier, second, etc., du
Théâtre d* Agriculture , comme dans les édi¬
tions de 1608, 1611 , et 1619. J’observerai, eu
égard à ces titres des pages, que l’on trouve
quelquefois, dans plusieurs éditions, et notam¬
ment dans celle-ci, leur indication fautive , un
titre de Lieu se trouvant substitué à un autre.
Comme dans l’édition de du Mesnil, les
lignes du titre sont alternativement noires et
rouges , l’épitre dédicatoire est sans date, et
il n’est question d’aucun privilège. Celle de
Valentin a été faite sur celle de 1608. La sei¬
zième planche du sixième Lieu s’y trouve tirée
à part, et de plus grand format.
Un exemplaire : A Roven, chez Man assez
de R RE AV LE, devant le portail des Libraires ,
de la même date , absolument semblable au
mien , de chez Robert Valentin , est dans la
bibliothèque de M. Fera de Rouville , corres¬
pondant de la Société d’Agriculture du dépar¬
tement de la Seine , et propriétaire-cultivateur I
près de Malesherbes ; il a en.) la complaisance
de m’en envoyer une notice très-détaillée , et
l’on y trouve plusieurs preuves qui m’étoient
échappées, à ajouter à ce que j’ai déjà dit de la
différence d’avec les exemplaires de chez du
Mesnil et Hollant : les signatures k , o, q ,
sont irrégulièrement numérotées de lettres cou¬
rantes ou de chiffres arabes, et dans la première
édition de 1623, toutes les signatures sont nu¬
mérotées en chiffres arabes : la page 119 est
chiffrée io 3 ; celle i 56 , i 65 j celle iS'j , }
celle 192, 162 ; celle 193,1 o 3 ; celle 289, 286 j
la pagination de la page 25 1 est sans dessus des¬
sous, ; la signature V est mal imposée,
de manière qu’en suivant l’ordre de la signature
le texte est interverti, V i j formant les pages
3 oi ,3 o 2, se trouve après Y, formant les pages
289, 290, comme dans l’exemplaire de M. Fera
de Rouville ; et en rétablissant la pagination ,
le texte se trouve rétabli, mais la signature est
intervertie , comme dans le mien, le feuillet
291,292, qui n’a point de signature , devant se
trouver entre V et V iij, etc. Toutes ces irré¬
gularités ne se trouvent point dans l’édition de
du Mesnil et Hollant.
11°. — A Geneve , Pour Pierre et
laques Chouët. m. dc. xxix. *
Cette édition n’est qu’une réimpression litté¬
rale de celle de 1619, de chez les mêmes li¬
braires j elle a le même nombre de pages et
presque par-tout les mêmes vignettes et culs-
de-lampes.
La figure de la page 53 1 manque, elle est rem¬
placée par celle de la page 532, qui se trouve
etre double 5 la figure de la page 540 , tirée
à part, s’y trouve ; cette page 540 est mal chif¬
frée 544. En général, cette édition est mieux
imprimée que celle de 1619, le papier en est
aussi plus beau.
Je crois inutile de répéter qu’elle est de for¬
mat in-quarto , ainsi que toutes celles dont il
me reste à parler.
J’ajouterai aussi que j’ai toujours copié
très-scrupuleusement les titres, non seulement
comme un moyen sûr de bien faire reconnoître
les éditions ; mais encore comme une preuve à
ajouter à celles que j’ai déjà données de la va¬
riation de l’orthographe.
12°. — A Roven 3 chez Iean de la
Mare , au haut des degrez du Palais.
M. DC. XXXV.
Édition réimprimée textuellement sur celle de
Robert Valentin, de 1623, dont elle ne diffère
que par la correction d’une partie des fautes
d’impression de la pagination. La vignette du
titre et une partie des autres sont les mêmes}
elle est moins bien imprimée.
L’exemplaire que j’ai sous les yeux est dans la
bibliothèque de l’Institut de France.
Il y a dans celle de mon collègue M. Par¬
mentier, un exemplaire de cette même date :
A Roven , Chez Robert Valentin , dans
la Court du Palais, ce qui ne peut laisser de
doute sur les rapports des deux éditions de 1628
et de i 635 entr’elles , puisqu’elles sortent dé
chez le même libraire.
Cet exemplaire , de M. Parmentier, lui a
été légué par son ami M. l’abbé Dicquemare ,
comme une double preuve de l’estime dont il
étoit pénétré pour Olivier de Serres, et pour
20
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
un homme qui a si bien marché sur ses traces
dans la science de l’économie domestique.
La seizième figure du sixième Lieu manque
à ces deux exemplaires , soit par hasard , soit
qu’elle n’ait pas été tiree à part.
i3°.— Geneve .i636.
Cette édition que je n’ai pas vue , et sur
laquelle je n’ai reçu aucuns détails depuis l’im¬
pression de ma notice de l’an VIII, dans la¬
quelle je l’avois indiquée , se trouve annoncée
n°. 424 d’un Catalogue de livres choisis, ven¬
dus en Février 1789 , par M. Royez, libraire à
Paris ; peut-être cette date de i 636 n’est-elle
qu’une erreur de catalogue, comme j’en ai déjà
signalé pour des éditions précédentes, et peut-
être est-ce la même que celle ci-dessus de i 635 ;
ou que celle de 1646 , indiquée plus loin.
i4°. — A Geneve, Pour Pierre et
laques Chouët. m. ne. xxxix. *
Édition réimprimée sur celle de 1629 , des
mêmes libraires ; elle est moins bien soignée ,
le caractère en est plus usé ; la figure de la page
53 1 y est rétablie ; le cartouche du titre a un
autre entourage , ce ne sont plus les colonnes
entourées de ceps de vigne.
A Geneve, est poussé dans l’exemplaire que
j’ai sous les yeux, et est assez malvenu, comme
il arrive souvent dans ce cas ; des exemplaires
de cette même date peuvent donc être aussi sans
nom de lieu d’impression.
i5°. — A Roven, Chez Iean Ber-
thelin y dans la Court du Palais.
m, ne. xxxxvi. *
Réimpression pure et simple de l’édition de
i 635 , a laquelle elle est bien conforme pour
le nombre des pages , pour les vignettes , etc.
La vignette du titre représente ici un forge¬
ron au travail dans son atelier , avec cette épi¬
graphe autour : Cvncta in tempore. La sei¬
zième planche et la vignette du titre du deuxième
Lieu manquent également; la page 3 o 4 est chif¬
frée 296 5 toutes les signatures sont chiffrées
après la lettre , en chiffres arabes , et dans l’é¬
dition de i 635 , elles le sont, à quelques er¬
reurs près , en lettres courantes.
1 6° : — A Geneve , Imprimé p 0Ur
Samuel Chouët. m. ne. zi. *
Cette édition est réimprimée littéralement
et page pour page , sur celle de 1639; mais il
cartouche , ou l’entourage de la vignette du
titre, est le même que dans les éditions anté¬
rieures des mêmes libraires.
17 0 . — A Geneve y Imprimé pour
André Chouët. m. ne. lxi.
J’ai vu cette édition trop rapidement pour
pouvoir prendre des notes, et je n’avois pas
d’ailleurs alors sous la main des objets de com¬
paraison ; comme elle a le même nombre de
pages que la précédente , il y a tout lieu de
croire qu’elle a été faite sur celle-ci, si ce
n’est pas la même, avec un simple changement
de date. Je l’avois indiquée dans ma notice de
l’an VIII, dans l’espérance que quelques per¬
sonnes la feroient mieux connoître, mais je n’ai
reçu aucun renseignement.
C’est la dernière édition , ou réimpression ,
que je connoisse 4sdu Théâtre d’Agriculture, à
Geneve.
18 0 . — A Roven, Chez David
Berthelin y dans la Cour du Palais,
n. MC. lxi 11. *
Édition entièrement semblable à celle de
J. Berthelin, de 1646 , sur laquelle elle a été
réimprimée; elle contient plus de fautes encore,
soit dans la pagination, soit dans le texte, ou
dans les notes marginales. La vignette du titre
renferme , dans un cartouche , le chiffre du li¬
braire , et tout le titre est imprimé en noir, au
lieu d’être alternativement composé de lignes
noires et rouges , comme dans les éditions précé¬
dentes de Rouen. La seizième figure du sixième
Lieu s’y trouve.
Deux exemplaires de même date , l’un : A
Roven , chez Clement Malassis , au Parvis
de Nostre-Dame, qui est dans la bibliothèque
de mon collègue à l’Institut, M. Lacroix',
l’autre : A Roven, chez Iean Machvel , rue
S. Iean à Venseigne du Nom de Iesus, qui
étoit dans la bibliothèque de l’Abbaye de Saint-
Germain-des-Prés, et qui est actuellement dans
DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
21
celle de l’École de Médecine de Paris , sont de
la même édition ; ils ne diffèrent du précédent,
que par la vignette du titre, qui n’est pas la
même, et par le nom du libraire. L’erreur de
la date s’y retrouve; d. mc. lxiii , est bien
évidemment i 663 .
Le Catalogue des livres de Danty d’Isnard,
indique, n°. 352 , un exemplaire de même date,
à Rouen, chez Vaultier ; le Catalogue des
livres de M de . Balliere, vendus à Rouen en
l’an IX, indique aussi, n°. 023 , un exem¬
plaire de cette même date , à Rouen, chez
Hérault. J’ignore si ces exemplaires sont de la
même édition que ceux de Berthelin, Ma -
çhuel et Malassis, ou si, comme en 1023 , il
y a eu , cette même année, deux différentes
éditions dans la même ville ; dans le premier
cas, l’édition a dû être tirée à grand nombre ,
pour se trouver répartie entre tant de libraires.
L’auteur de l’ouvrage intitulé : Préservatif
contre Vagromanie , Paris , 1762 , in-12 , in¬
dique, dans son discours préliminaire (page 16),
l’édition de Rouen de i 663 , comme la seconde
du Théâtre d’Agriculture.
Ici se terminent les éditions, que je connois
de cet ouvrage , faites à Rouen.
1 po. — Derniere Edition, Reueue,
Corrigée de nouueau , et Augmentée
de la Chasse au Loup , et de la Com¬
position et vsâge delalauge. A Ly on,
chez Antoine Beavjollin , rue de
laBelle-Cordiere. m. dc. lxxv. Avec
.Vermission. *
Cette édition a i 4 feuillets non chiffres pour
les préliminaires ; 902 pages de texte ; 8 feuil¬
lets non chiffrés pour la table , imprimée en ca¬
ractères petit texte , et pour les permissions
d’imprimer , datées de Lyon, du 23 Novembre
1674; le titre est rouge et noir , et la vignette
en. bois est une corbeille de fleurs. La reimpres¬
sion paroît avoir été faite textuellement sur les
éditions des Chouët ; on en a supprimé les pri¬
vilèges, et voilà pourquoi il n’y a que 14 feuil¬
lets préliminaires, au lieu de 16 , comme dans
les éditions de Geneve.
Le texte à? Olivier de Serres a , comme dans
ces éditions , 878 pages ; vient ensuite un faux
titre non chiffré , pour La Chasse dv Lovp fort
vtile et necessaire av Ménagé des Champs,
Par Iean de Clarmongan , Seigneur de
Saanè, premier Capitaine de la Marine du
Ponant. En laquelle est contenue la nature des
Loups, et la maniéré de les prendre, tant par
Chiens , Filets, Piégés, que par autres ins-
trumens (1) ; le texte de cette chasse occupe les
pages 879 — 898 ; ensuite se trouve La com¬
position et Pvsage de la lavge , qui occupe les
pages 899— 902.
Les permissions d’imprimer , qui sont au bas
de la dernière page de la table , sont au nom
de Mathieu Libéral, et pour trois années; il
pourroit donc y avoir des exemplaires de cette
édition sous le nom de cet imprimeur.
L’exemplaire, A Lyon, chez Iean Brvyset,
rue Noire, qui étoit dans la bibliothèque de
feu Dussieux ; et celui, aussi A Lyon, chez
Iean Baptiste Deville, qui étoit dans la bi¬
bliothèque Me feu Lhéritier, tous deux de la
même date , sont de la même édition que celui
de chez Beaujollin.
Haller, d’après Tre-w (2), etBoehmer, d’a¬
près Haller ( 3 ) , indiquent, et c’est sans doute
par erreur , cette édition sous le format in-folio.
L’auteur du Traité de V Olivier, que j’ai déjà
cité, l’annonce dans la seconde édition de son
ouvrage ( page 44 ) ? comme particulièrement
dédiée au roi.
20°. Théâtre d*Agriculture et
Ménage des Champs, d’ Olivier
de Serres. Oh Von voit avec clarté et
précision Vart de bien employer et
(1) Cette Chasse du Loup, du capitaine Clamorgan
(et non Clarmongan ), avoit paru ayant la première
édition du Théâtre d’Agriculture, et je la trouve déjà
imprimée à la suite d’une édition de l’Agriculture et
Maison rustique de Charles Estienne et Jean Liebaut,
à Paris , chez Du-Puys, i5jo , in-4 0 . Elle l’a été a la
suite de toutes les suivantes; je ne l’ai jamais vue im¬
primée séparément.
(2) Bibliotheca botanica , etc. , tom. I, pag. 396.
( 3 ) Bibliotheca scriptorum historiœ naturalis , etc.,
pars I, vol. II, pag. 6 o 3 .
22
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
cultiver la terre, en tout ce qui la
concerne y suivant ses différentes qua¬
lités et climats divers, tant d'après la
doctrine des Anciens , que par l'ex¬
périence . Remis en françois , Par
A. M. Gisors. A Paris, Chez Mett¬
ront , libraire pour l'Agriculture ,
rue des Grands - Augustins , n\ 24.
An XI. — 1802.*
Quatre volumes in-octavo 5 le premier de
xxvij pages pour les titres , l’avis de 1 éditeur
et la préface de l’auteur , au verso de la der¬
nière page est un avis de librairie ; 632 pages
pour le texte des trois premiers livres et pour
la table du volume. Le second, de deux feuil¬
lets non chiffrés pour les titres , 627 pages pour
le texte des quatre et cinquième livres et pour la
table. Le troisième, de deux feuillets non chif¬
frés pour les titres, 6i4 pages pour le texte du
sixième livre et pour la table. Enfin, le qua¬
trième , de deux feuillets non chiffrés pour les
titres, iv pages pour l’avant-propos du septième
livre, 639 pages pour le texte des sept et hui¬
tième livres et pour la table.
En tête du premier volume il y a une planche
qui représente les travaux de la moisson, et
quelques autres occupations champêtres s on lit
au bas ces quatre vers des Géorgiques de Vir¬
gile y de la traduction de M. Delille, Livre II.
Le laboureur en paix coule des jours prospères ;
Il cultive le champ que cultivoient ses peres :
Ce champ nourrit l’État, ses enfans , ses troupeaux,
Et ses boeufs compagnons de ses heureux travaux :
Celle qui est en tête du second volume re¬
présente la vendange , et on lit également au bas
ces quatre autres vers des mêmes :
Ah ! loin de tous ces maux que le luxe fait naître ,
Heureux le laboureur , trop heureux s’il sait l’être !
La terre libérale et docile à ses soins,
Contente à peu de frais ses rustiques besoins.
L’éditeur pouvoit en choisir, à la même source,
qui fussent plus analogues au sujet de l’estampe.
Ces deux planches sont dessinées par Monsiau,
et gravées par Aug. Delvaux.
Celle qui est en tête du troisième volume
représente un bosquet au milieu duquel est,
sur un piédestal porté sur un socle, le buste
d’ Olivier de Serres , dont on lit le nom
face antérieure du piédestal , qui es t entduré
d’instrumens d’agriculture ; on voit dans l e
fond , un berger avec son troupeau, et une cam¬
pagne dans l’éloignement ; ce prétendu portrait
d’ Olivier de Serres, qui a été fait d’imagination,
et qui ne ressemble en rien au portrait origi.
nal, est une véritable caricature, également des¬
sinée par Monsiau , et gravée par Devilliers ;
il n’y a pointdefrontispiceau quatrième volume.
L’éditeur a supprimé de son édition l’épitre
dédicatoire d’ Olivier de Serres à Henri IV, les
poésies , les titres et les sommaires des Lieux ,
les notes marginales , et la table générale des
matières qu’il auroit fallu refaire. Il a aussi
supprimé les figures du sixième Lieu et tout ce
qui y est relatif, ainsi qu’un assez grand nombre
de mots anciens qu’il auroit fallu traduire en
françois , et que l’éditeur entendoit d’autant
moins , qu’il n’est pas du métier 5 j’ai déjà fait
connoître quelques bévues qu’il avoit commi¬
ses, en voulant en conserver plusieurs (1) : j’en
citerai encore une.
On lit dans Olivier de Serres , tome I,
page 3 io, colonne II : beu qu’on aye le pommé
et le poiré . est necessaire d’en desfoncer
tout aussi tost les tonneaux (pour les conser¬
ver).Cela veut dire, en françois d’aujour¬
d’hui : aussitôt qu’on a vidé les tonneaux de
cidre ou de poiré, il est bon, pour les conser¬
ver , de les défoncer.M. Gisors a lu dans
l’édition in-folio (page 25o) vev qu’on aie le
pommé et le poiré, etc. ; il ne s’est pas douté
que le mot veu étoit là une faute d’impression,
qu’il falloit beu, parfait du verbe boire; qu’un v
avoit été substitué à un b, comme cela arrive
souvent dans la prononciation des habitans du
midi, et que cette faute étoit corrigée dans les
éditions suivantes ; il en a trouvé une dans le
mot aie dont il a fait aime, et il a dit (tome I,
page 620): vu qu’on aime le pommé et le poire. • ••
il est nécessaire d’en défoncer tout aussitôt les
tonneaux ...., ce qui ne présente pas plus d e sens
que la faute de la première édition. Au surplus,
(1) Voyez tome I, page 585, colonne II, note (7) »
page 63o , colonne I, note (116), etc.
DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
23
c’est à ceux qui liront Olivier de Serres dans son
original et qui le compareront avec la
traduction de M. Gisors, à juger s’il a rempli le
but qu’il se proposoit; cette traduction ne s’est
pas etendue jusqu’aux noms anciens d’un assez
grand nombre de plantes , qu’il a conservés, et
qu’on n’entend plus aujourd’hui, si l’on n’en
donne pas la synonymie.
Cette édition est faite sur celle in-folio , de
1600 5 il y manque donc , outre les retranche-
mens de l’éditeur, toutes les additions qu’O//-
vier de Serres a ajoutées à la seconde et aux
suivantes, et dont j’ai indiqué les principales,
ci-devant page xxxij, colonne première. Pa¬
vois fait faire le dépouillement de ces additions
et l’indication des pages où elles manquent,
dans l’édition de M. Gisors, je me proposois
de les faire connoître ici, mais cela m’auroit
mené fort loin assez inutilement. J’en trouve
dix principales pour le premier volume, seize
pour le second , non compris le chapitre XVI
du cinquième Lieu que j’ai dit manquer entiè¬
rement; onze pour le troisième , dont quelques-
unes contiennent des articles entiers ; et une
douzaine pour le quatrième.
Je termine en ajoutant, à tout ce qui précède,
une observation que faisoient MM. les Rédac¬
teurs du Journal de Paris, en rendant compte
du premier volume de notre édition ; c’est que
celle de AJ. Gisors, sans notes, nous laisse bien
loin de l*état actu^cie la science (r).
I V.
Il me reste à indiquer les éditions projetées
du Théâtre d’Agriculture $ cette indication pa-
roît d’autant plus utile , que ces éditions ayant
été annoncées, et les prospectus de quelques-
unes publiés, elle empêchera au moins les bi¬
bliographes de se livrer à de vaines recherches,
pour en suivre et en trouver les traces.
i°. On lit dans un avis qui est en tête du
tome VII du Cours d’Agriculture, imprimé en
1786 , ce qui suit : « Nous croyons devoir pré¬
venir MM. les souscripteurs du Cours complet
d> Agriculture, que M. l’abbé Rozier donnera
(1) Voyez N°. 309 , samedi 9 Thermidor an 12
( 28 Juillet 1804 ).
immédiatement après son Ouvrage, le Théâtre
d’Agriculture, d’Olivier de Serres, en un ou
deux volumes in-quarto , ornés de Planches. La
plupart de ceux qui ont écrit après Olivier de
Serres, en se contentant de puiser dans son
Théâtre d*Agriculture ce qu’ils ont donné de
meilleur, ont prouvé la bonne opinion qu’ils
avoient de cet ouvrage, un des plus complets
que nous eussions en ce genre , et depuis lequel
il avoit été fait bien peu de découvertes vraiment
intéressantes en économie rurale. M. l’abbé ito-
zier, dont les travaux sont sans doute précieux,
y a puisé lui-même ; il n’a pas manqué d’en faire
l’éloge toutes les fois qu’il y a eu recours ; et si,
après en avoir profité avec reconnoissance , il dé¬
sire en donner une nouvelle édition pour servir
de suite à son ouvrage, c’est afin de rendre un
hommage complet au père de l’Agriculture en
France, et pour ne rien laisser à désirer aux
Agriculteurs de ce qui leur est utile. Il y ajou¬
tera des notes, soit pour éclaircir quelques pas¬
sages, soit pour faire connoître les changemens,
en bien ou en mal, qui ont eu lieu en Agricul¬
ture , depuis Olivier de Serres, soit enfin pour
ne point laisser ignorer les connoissances que
les modernes ont acquises dans cette science ».
Dans la notice sur la vie et les écrits de
Rozier, placée en tête du tome X, imprimé en
1800 (an VIII) , on lit, page xv : «Uneperte
non moins grande ( que celle de l’article vin ) ,
ce sont ses commentaires et ses notes, sur le
Théâtre d’Agriculture d Olivier de Serres. Il y
avoit travaillé pendant dix ans. En 1786 , il
écrivoit à un de ses amis : Olivier de Serres est,
dans son genre, aussi sublime que Bernard
Palissy ; je P ai chanté toute ma vie, et je le
chanterai jusqu’à ma mort. On n’a même pas
trouvé dans sa bibliothèque d’exemplaire de cet
ouvrage ».
Il faut dire, pour l’explication de ce qui pré¬
cède , que Rozier fut tué dans son lit par uns
bombe , pendant le siège de Lyon , la nuit du
28 au 29 Septembre 1793 , et que son cabinet et
sa maison, ayant resté ouverts et exposés au pil¬
lage pendant quinze jours, ses papiers et ses
manuscrits furent en grande partie perdus.
2°. On trouve dans les registres de la Société
d’Agriculture de Paris, dont les travaux ont
24 NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
cessé en 1793, plusieurs exemples que cette So¬
ciété s’occupoit de publier l’ouvrage d 'Olivier
de Serres, avec des notes. La Société d’Agri¬
culture du département de la Seine n’a donc fait
qu’acquitter la dette qu’elle avoit contractée
sous un autre nom et dans un autre temps.
3 °. M. Silvestre , alors correspondant de la
Société , aujourd’hui son secrétaire , s’étoit
chargé de rédiger des notes à ajouter à une nou¬
velle édition du Théâtre d’Agriculture, qu’il
se proposoit de donner au public.
4 °. « J’avois projeté , dit M. Lefebvre,
membre de la Société, de donner, conjointe¬
ment avec MM. Broussonete t Dubois, une nou¬
velle édition d ’Olivier de Serres v. L’engagement
pris par Rozier, dans son septième volume, de
remplir cette tâche, avoit retardé l’exécution de
ce projet. Mais l’empressement que le public té¬
moigne de nous voir faire cette entreprise , et le
retard que Rozier a apporté à le satisfaire, nous
y autorisent suffisamment, pour que nous nous
livrions à ce travail aussitôt que les circons¬
tances le permettront 53. Cette édition n’a point
été exécutée, et les circonstances ont dispersé
les coopératéurs.
5 °. Notre collègue M. Parmentier, un des
plus ardens promoteurs de l’ouv^gg du Colu-
melle françois , avoit aussi promis une édition
du Théâtre d’Agriculture, avec des notes. Ses
notes et celles de M. Silvestre ont enrichi notre
édition.
Ces trois, projets d’éditions se trouvent
annoncés dans le Compte rendu à la Société
d’Agriculture de Paris , par J. h. Lefebvre ,
son agent général, etc. Paris, an VII, in-8°.
pages a 3 o , 5 9^ et , 9.
6°. On a vu dans la lettre de M . Faujas ,
professeur au Muséum d’Histoire naturelle ,
insérée tome I, page lxxix, N®. VIII, qu’il
avoit rassemblé toutes les éditions du Théâtre
d’Agriculture, des notes sur la vie de l’auteur,
plusieurs dessins du Pradel, etc. De pareils ma¬
tériaux etoient bien propres à orner une édition
nouvelle d ’Olivier de Serres, et M. Faujas s’en
occupoit ; l’éditeur des Œuvres de Bernard P a
lissy avoit droit de compter sur les suffrages du
public, et sans doute qu’il répondra quelque”
jours aux amis d’ Olivier et de l’Agriculture
7 °. J’ai dit qu’il y avoit eu deux prospectus
de l’édition que nous donnons aujourd’hui (1).
quoique le fond de ces prospectus soit le même '
le titre du premier, publié en l’an V et en
l’an VI, diffère assez de celui de la Société
d’Agriculture, pour faire croire qu’ils appar¬
tiennent à deux éditions parfaitement distinctes-
en effet, la Société d’Agriculture n’existoit pas
encore en l’an V, et on lit, en tête du premier,
qui a été rédigé d’après le vœu de la lettre du
Ministre Benezech, relatée ci-devant (page iij) :
« Nouvelle édition publiée sous les auspices et
par ordre du Gouvernement, avec des notes,
parles CC. Cels , Dubois, Vilmorin,
Parmentier, Huzard, Tessier} Gil¬
bert , et Rougi er-la-Bergerie , membres
du Conseil d’Agriculture du Ministère de l’In¬
térieur} et par les CC. Daubenton, Thouin,
Broussonet, l’Heritier, Chaptal, etc .».
Tandis que dans le prospectus publié par la So¬
ciété, en l’anX, on lit: « Nouvelle édition.....
publiée d’après un arrêté de la Société d’Agri¬
culture du département de la Seine, par. une
Commission prise dans son sein, et composée
des CC. Cels , Chaptal, François {de
Neufchateau ), Grégoire , Huzard ,
LÀSTEYRIE , PaRMEnAS^^^SiLEESTRE,
Tessier, Vilmorin, Y faut donc que
les bibliographes qui trouveront ces deux pros¬
pectus sous leurs dates différentes, dans les
ouvrages périodiques , où ils ont été insères,
sachent que , si nous avons à regretter, sous
un grand nombre de ra»pèrt%j que les noms de
plusieurs Savans illustres qu^on trouve dans le
premier prospectus ne s (^retrouvent plus dans e
second , ces deux prospectus n’appartiennent
néanmoins qu’à une seule pt même édition.
(1)Tome! ,pagelxyiij ,colonne II, N °. Vj note W*